samedi 25 juillet 2026

Blonde On A Bum Trip (1968)

 Susan, une jeune étudiante en chimie naïve, se laisse convaincre par ses colocataires et un dealer de fabriquer du LSD. Elle plonge alors dans l'univers underground new-yorkais, fait de sous-culture psychédélique, de libération sexuelle et d'expériences hallucinogènes. Mais l'euphorie initiale cède rapidement la place aux dérives plus sombres et destructrices de la drogue. 

 


 

Les extraits suivants viennent du livre "Incredibly Strange Films", de Jim Morton, paru en 1987, pages 149-150. 

"La drogue est depuis longtemps un thème de prédilection des films d'exploitation. Elle permet au cinéaste d'y intégrer les aspects les plus sordides du sexe et de la violence, tout en conservant une façade de vertu morale et de préoccupation sociale. Les films sur la drogue remontent à l’époque du cinéma muet, lorsque la cocaïne était encore une nouvelle sensation et que l’opium se fumait dans les repaires clandestins de Chinatown. L’un des premiers exemples est *The Mystery of the Leaping Fish* de Douglas Fairbanks, qui montrait la consommation de ces deux drogues."


 

"Quelle que soit la drogue en question, l'intrigue de la plupart de ces films suit un schéma général : des jeunes (...) sont harcelés par leurs « amis » pour qu'ils essaient une certaine drogue qui fait « fureur ». En tant que « bons enfants », (ils) résistent au début, mais finissent par céder à la pression de leurs pairs, ce qui entraîne la destruction totale de leur vie. L'exemple classique de ce type d'intrigue est *Reefer Madness*."


 

"Bien avant qu’il ne devienne populaire, le LSD était déjà évoqué dans le film de William Castle sorti en 1959, *The Tingler*, dans lequel Vincent Price incarnait un médecin qui découvrait que chaque fois qu’une personne avait peur, une créature ressemblant à un mille-pattes commençait à se développer le long de sa colonne vertébrale. Le seul moyen de maîtriser cette créature était de hurler. Dans le film, Price tente de faire l’expérience directe du « Tingler » en s’injectant du LSD. La performance audacieuse de Price sous l’emprise de la drogue s’impose comme le premier « trip » au LSD de l’histoire du cinéma."

"Au milieu des années soixante, lorsque le monde entier a découvert les joies du LSD, les gens racontaient avoir vu des monstres, s’être envolés vers la Lune et avoir touché la main de Dieu. Les cinéastes qui tentaient de recréer ces images ont donné naissance à un nouveau style cinématographique extrêmement créatif que l'on pourrait qualifier de « surréalisme garage ». Femmes peintes, motifs op art et expositions multiples sont devenus de rigueur pour tout film illustrant les effets de l'acide."


 

"Une fois que cette drogue est devenue un mot courant, plus rien n’a pu empêcher les cinéastes d’explorer ses possibilités. Dans *The Acid Eaters*, une bande d’employés de bureau se débarrasse chaque week-end de son apparence conventionnelle et prend la route à la recherche de sensations fortes à petit prix. Leur quête aboutit finalement à la découverte d’une tour de LSD de cinquante pieds de haut ! "

"Dans l'hilarant *Hallucination Generation*, George Montgomery incarnait un gourou alcoolique à la tête d'une bande d'amateurs de sensations fortes. Le film a été tourné en noir et blanc, mais le réalisateur Edward Mann a renforcé l'impact des séquences de « trip » en les filmant en couleur."


 

"Le film *The Weird World of LSD* se voulait également une analyse des dangers du LSD, mais manquait de moyens pour réaliser des effets spéciaux dignes de ce nom. Dans une scène, un homme qui hallucine qu’il vole sur les ailes d’un grand oiseau est montré allongé sur un canapé, grimaçant frénétiquement, tandis qu’un dessin rudimentaire représentant un poulet est superposé à l’image !

Le potentiel psychotrope du LSD a suscité de nombreuses spéculations : quelles dépravations secrètes, enfouies dans la libido, pourrait-il révéler ? Dans *Alice in Acidland*, une jeune femme découvre les joies du sexe lesbien après avoir pris la drogue. Dans *Wanda (The Sadistic Hypnotist)*, les lesbiennes sont à nouveau mises en scène, cette fois sous les traits de fanatiques du cuir adeptes du sadomasochisme qui voient la situation s'inverser après avoir été contraintes de prendre la drogue.

Andy Milligan, cinéaste sans budget, a réussi à intégrer pratiquement toutes les pratiques sexuelles imaginables dans *Depraved !*, le film culminant avec une jeune fille, sous l'emprise du LSD, qui se jette par la fenêtre (un passe-temps favori des filles sous acide). Dans les années 70, John Waters a rendu hommage à ce type singulier de suicide dans sa parodie, *The Diane Linkletter Story*.

Le meilleur film sur le thème du « trip » est aussi le plus connu : le classique de Roger Corman, *The Trip*. Écrit par Jack Nicholson et mettant en vedette Peter Fonda, Bruce Dern et Dennis Hopper (tous des accros au LSD), *The Trip* raconte les aventures d’un jeune réalisateur de publicités télévisées qui, trouvant sa vie dénuée de sens, prend une forte dose de LSD et passe le reste du film à halluciner jusqu’à en perdre la raison. Pour mieux comprendre le sujet, Corman a d'ailleurs lui-même pris de l'acide avant de tourner le film. Avec *2001 : L'Odyssée de l'espace*, *The Trip* est devenu un incontournable pour tous les adeptes du LSD.

L'avènement de l'acide a coïncidé avec l'émergence du mouvement hippie, centré sur un petit quartier de San Francisco appelé Haight-Ashbury, situé à proximité du Golden Gate Park. Les hippies prônaient les cheveux longs, l'exploration de l'espace intérieur, le retour à la nature et – ce qui importait le plus aux réalisateurs de films d'exploitation – l'amour libre. Les réalisateurs de films pornographiques n'ont pas tardé à exploiter cet aspect. Le premier « docudrame » consacré à Haight-Ashbury s'intitulait *Evil Pleasure*, un film d'exploitation rarement vu qui jette un regard « mondo » sur certains aspects pervers du mode de vie hippie. *Blonde on a Bum Trip* jette un regard similaire (mais plus pervers) sur la communauté hippie de l’East Village à New York.

Dans la même veine, Wild Hippy Orgy prétendait montrer ce qui se passait réellement dans ces squats de Haight-Ashbury. Produit par un groupe appelé « Pot Heads’ Experimental Films », *Wild Hippy Orgy* était présenté en double programme avec un long métrage encore plus déjanté intitulé *Psychedelic Sex Kicks*, qui mettait en scène du body-painting nu, des ébats amoureux dans une pièce remplie de ballons et une femme aux proportions dignes de Russ Meyer faisant des gestes obscènes avec un python. À eux deux, ces films duraient au total quatre-vingt-une minutes ; on ne pouvait pas vraiment les qualifier d’« épiques ».

Toutes sortes d’actes horribles, du vol au meurtre, ont été attribués au LSD. Le film « Mantis in Lace » (également connu sous le titre « Lila »), rarement diffusé, raconte l’histoire d’une danseuse topless qui, sous l’emprise de la drogue, se transforme en meurtrière mutilatrice. Dans *Satan’s Sadists*, des motards voyous droguent des jeunes filles à leur insu avant de les violer. Russ Meyer, toujours en phase avec son époque, s’est joint à la fête en intégrant la crise de folie provoquée par le LSD de « Z-Man » dans le célèbre *Beyond the Valley of the Dolls*."



 

Raf Mauro (né en 1939 à New York) est un comédien, auteur et réalisateur américain.

Blonde On A Bum Trip (1968) représente son unique long-métrage en tant que réalisateur. Tourné sur le vif dans les rues de New York avec un budget dérisoire de 10 000 dollars et des comédiens non professionnels, le film s'inscrit à la frontière du cinéma d'exploitation (« sexploitation ») et des films de prévention anti-drogues. Raf Mauro affichait alors l'ambition de proposer l'une des représentations les plus réalistes jamais filmées d'un trip sous acide.
Après cette expérience de réalisation, Raf Mauro s'est surtout illustré comme comédien de second rôle au cinéma ainsi qu'à la télévision dans de nombreuses séries. Il s'est également consacré à l'écriture théâtrale.

 

Le film en VO : 

mp4, 331Mo 

Les sous-titres maison en français :

https://www.opensubtitles.org/fr/subtitles/13929316/blonde-on-a-bum-trip-fr 

les sous-titres maison en anglais ont été partagés aussi sur le même site 

 

 

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