Si l'on s'en tient strictement au générique, le film est l'œuvre de Joseph P. Mawra.
Toutefois, dans la filmographie d'Ed Wood, Chained Girls est considéré comme un film "périphérique" : il n'en est probablement pas le réalisateur de plateau pour l'intégralité du projet, mais il est quasi certainement l'auteur d'une grande partie du script et le responsable du montage final des séquences disparates qui composent le film.
À l'époque, ces films de la mouvance "Roughie" étaient produits très rapidement. On achetait des stocks de films déjà tournés (dont certains par Wood). On engageait un réalisateur (Mawra) pour tourner quelques scènes de liaison. Ed Wood était souvent payé quelques centaines de dollars pour écrire la narration qui reliait le tout et superviser le montage final.
- Nightmare of Ecstasy de Rudolph Grey.
Rudolph Grey y détaille la collaboration entre Wood et le producteur Stephen C. Apostolof (qui distribuait le film via SCA). Le livre explique comment Wood a souvent servi de prête-plume ou de consultant sur les projets d'Apostolof pour "donner du liant" à des images souvent décousues.
Grey souligne que Wood a écrit les narrations en voix off pour plusieurs films de cette période afin de leur donner cet aspect "éducatif" (pseudo-documentaire) nécessaire pour éviter la censure de l'époque.
- Ed Wood, Mad Genius: A Critical Study of the Films de Rob Craig.
Dans cet ouvrage chez McFarland, Craig analyse la structure de Chained Girls. Il confirme que le film est un "collage" typique des productions de George Weiss et Stephen Apostolof, utilisant des séquences de "nudie-cuties" (films de charme légers) tournées précédemment, dont certaines par Wood lui-même.
Il y identifie les thèmes obsessionnels de Wood (notamment le travestissement, qui apparaît via des personnages secondaires ou des discussions dans le film).
- Queer Images: A History of Gay and Lesbian Film in America (Benshoff & Griffin)
Les auteurs notent que bien que Mawra soit crédité, le film partage l'ADN esthétique et moralisateur des œuvres de Wood comme Glen or Glenda. Le film est décrit comme une production de George Weiss, l'homme qui a lancé la carrière de Wood, renforçant la probabilité d'une collaboration technique de Wood sur le montage des stocks-shots.
Dans le documentaire The Haunted World of Edward D. Wood, Jr. (1995), réalisé par Brett Thompson, (basé sur les recherches de Rudolph Grey), plusieurs intervenants confirment que Wood passait son temps dans les salles de montage à essayer de sauver des films inachevés ou mal filmés en y ajoutant des dialogues de son cru ou en réutilisant ses propres bobines de films de fétichisme.
Le film tente de brosser un portrait exhaustif (et souvent stéréotypé) de la sous-culture lesbienne des années 60. Il lie souvent l'homosexualité féminine à la consommation de drogue, à la prostitution ou à des traumatismes d'enfance, conformément aux préjugés de l'époque.
À sa sortie, Chained girls était destiné aux cinémas de quartier (« grindhouse »).
Le film en version originale :
https://multiup.io/6d539c43ce1a0f857c6608d0c04a3b67
Les sous-titres français maison inédits :
après commentaire, sur demande à lebisfaitsoncinema@gmail.com
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Un grand merci pour ce film, amitiés
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